Les cinq postes évalués lors d’un DPE
Le diagnostic de performance énergétique, plus connu sous le sigle DPE, s’appuie sur une analyse détaillée des postes de consommation énergétique d’un logement. Au-delà d’un simple relevé des appareils présents, le diagnostiqueur utilise un logiciel qui simule le fonctionnement thermique de l’habitation sur une année complète. Cinq postes de consommation sont estimés pour fournir une vision globale et précise de la performance énergétique.
- Le chauffage : Ce poste est généralement le plus important, surtout dans les logements anciens et peu isolés. Selon le type de système installé, sa performance, et la capacité de l’enveloppe du bâtiment à retenir la chaleur, il peut représenter jusqu’à 80 % de la consommation totale.
- L’eau chaude sanitaire : Ce poste dépend de la technologie utilisée, par exemple un chauffe-eau électrique traditionnel ou un chauffe-eau thermodynamique. Les variations de consommation peuvent grandement influencer la note finale du DPE, bien plus que certains propriétaires ne l’imaginent.
- Le refroidissement : La présence d’une pompe à chaleur air/air ou d’une climatisation est prise en compte. Même sans équipement spécifique, le potentiel de surchauffe estivale est simulé selon l’orientation du logement, ses protections solaires et son isolation.
- L’éclairage : Le calcul s’effectue sur une base forfaitaire, peu importe le type d’ampoules installées, car l’équipement peut changer fréquemment d’un occupant à l’autre.
- Les auxiliaires : Cette catégorie regroupe des équipements qui fonctionnent en permanence, tels que les systèmes de ventilation ou les pompes circulant le fluide du chauffage. Leur impact, souvent méconnu, peut cependant être non négligeable, notamment dans les habitations dotées d’installations anciennes.
Des notes sur deux critères : énergie et émissions de CO2
Après avoir additionné les consommations des cinq usages, le logiciel attribue deux étiquettes distinctes : la première indique la quantité d’énergie primaire utilisée par an (exprimée en kWh/m².an), la seconde les émissions annuelles de gaz à effet de serre, en kilogrammes de CO2 équivalent par m². Pour déterminer la classe DPE finale du logement, c’est toujours la plus mauvaise des deux notes qui est retenue.
Ce système entraîne des différences notables selon la nature de l’énergie utilisée. Par exemple, un appartement chauffé au gaz naturel peut afficher une consommation raisonnable mais être pénalisé sur les émissions de CO2. À l’inverse, l’électricité bénéficie désormais d’un traitement plus favorable. Depuis janvier 2024, la valeur du coefficient de conversion pour les logements électriques est passée de 2,3 à 1,9. Ce changement permet à certains biens de remonter mécaniquement de classe, sans intervention ou modification matérielle.
Conséquences sur la location et la vente en 2024
Les propriétaires de logements chauffés à l’électricité peuvent obtenir en ligne une attestation officielle reflétant leur nouvelle étiquette actualisée, sur le site de l’ADEME. Ce document peut suffire à faire évoluer la classification d’un bien, lui permettant d’échapper à certaines interdictions de location, et ce sans avoir à réaliser un nouveau diagnostic ni des travaux.
Depuis le 1er janvier 2025, il est interdit de louer tout logement classé G dans le cadre d’un bail nouveau ou renouvelé. Pour la catégorie F, cette mesure s’appliquera en 2028. En parallèle, vendre une maison individuelle en classe F, E ou G exige dorénavant la réalisation d’un audit énergétique, complémentaire au DPE. Ce rapport détaille des propositions de travaux, étape par étape, pour améliorer la performance énergétique du bien.
DPE et avenir : que prévoir ?
Le DPE s’impose comme un outil clé pour les propriétaires, les locataires et les acheteurs. Avec des évolutions constantes de la réglementation et des modes de calcul, se tenir informé des nouveautés permet d’anticiper les contraintes et les opportunités liées à la gestion de son patrimoine immobilier. Mieux comprendre les postes de consommation, les critères d’attribution des étiquettes et les obligations à venir reste un enjeu majeur à l’aube des prochaines échéances réglementaires.